Médecin, docteur...cela en fait rêver plus d'un dans les lycées.

Et bien je peux vous dire qu'après 6 ans (dont 2 premiére année) le rêve s'est assombri par quelques nuages qui le rendent plus réaaliste. Parce que pour tout vous dire avant de devenir le docteur mamour aux dents blanches colgate, avec une blouse encore plus blanche, rasé de près, jouant au golf tous les week end et partant en vacances 3 fois par an minimum, il y a plusieurs stades à passer.

L'image actuel est l'étudiant un peu fauché malgrès son salaire (220€ mensuels...), un peu cerné,un peu mal rasé, avec une blouse un peu grise, un peu froissée et qui commence doucement mais surement à en avoir un peu marre. L'image que me renvoit les patients jeunes que j'examine me saute à la figure.

23 ans deja, aux urgences les lycéens qui passent le BAC cette année et qui viennent se faire suturer une quelconque plaie me vouvoient...ça fiche  un sacré coup de vieux.

23 ans, impression de ne pas avoir profiter de ma jeunesse. Je ne suis pas vieux me direz vous. Elle a 22 ans elle a eu 2 enfants. Lui à 19 ans il s'installe avec sa copine. Lui a 21 ans, un boulot, gagne sa vie, il va se marier. Elle a 86 ans, elle va mourrir, elle me dit de profiter de la vie.

Ma vie sociale est extrémement réduite. J'ai la chance d'avoir un compagnon qui est dans la même promo, même comme ça pas toujours aisé de ce voir. Les autres sont les co-externes, amis d'étude embarqués dans le même radeau qui nous chahute un peu.

Les heures de travail pour apprendre,pour comprendre, pour à la fin pouvoir soigner, "sauver des vies", faire le métier dont on a rêvé. 

La réalité : lui SDF crade, qui pue, qui ne veut pas se faire soigner(ou se laver) juste un hébergement, lui alcoolo qui devient violent, lui qui te crache dessus, elle qui fait scandale pour une prise en charge trop longue, lui meurt à petit feu de son cancer et on ne peut rien y faire...

 

Donc le stade actuel n'est pas le plus sympathique ni le plus facile (aucun ne l'est d'ailleurs). Il s'agit d'une des nombreuses marches de nos études. Découragement, dégôut, démotivation, désillusion, envie de tout lacher, envie de profiter mais envie de faire ce métier pationnant. Autant d'émotions et de sentiments avec lesquels il faut jongler.

Engagez vous qu'ils disaient...

 

Folie un peu

Vocation peut être,

Motivation surement,

Force physique et psychologique indubitablement,

Le doute, la remise en question constamment,

Le soutien, simplement indispensable !